Reprise des bourses mondiales, quelles sont les causes ?

L’ensemble des indices boursiers sont en forte hausse au début du mois de juin, témoignant du regain d’espoir des investisseurs.

Trois principaux facteurs soutiennent la hausse des marchés : les entreprises reprennent leurs activités, il y a eu plus de stimulus de la part des banques centrales et la reprise économique aux États-Unis qui a été plus rapide que prévu.

Plus de stimulus de la BCE

La Banque centrale européenne a annoncé jeudi qu’elle allait augmenter de 600 milliards d’euros son programme de rachat d’urgence de dette publique et privée (PEPP) afin de soutenir davantage la reprise économique.

Ce montant s’ajoute aux 750 milliards d’euros d’achats d’obligations d’État annoncés par la banque en mars au pic de la crise du COVID-19. La BCE a également annoncé que la durée du programme sera prolongée jusqu’en juin 2021 (initialement de fin 2020), ou « jusqu’à ce que l’institution estime que la crise est terminée ».

Le plan d’urgence de la Banque centrale, qui comprend également des mesures visant à stimuler les prêts bancaires, s’ajoute aux mesures prises avant la pandémie pour stimuler les faibles niveaux d’inflation en zone euro. Cela comprend l’achat mensuel de 20 milliards d’euros d’obligations d’État dans le cadre d’un plan d’assouplissement quantitatif annoncé en 2019.

Malgré ces annonces, les indices n’ont que peu évolué le jeudi. Le CAC 40 et le DAX avaient légèrement reculé. Ce sont par contre les chiffres sur l’emploi aux États-Unis qui vont propulser les marchés vendredi.

Les marchés mondiaux boostés par les chiffres américains sur l’emploi

L’ensemble des marchés boursiers mondiaux avait grimpé vendredi après que le Département du Travail des États-Unis a annoncé les chiffres sur l’emploi qui sont supérieurs à ce que les économistes attendaient.

Par le rapport de mai, l’établissement a indiqué que l’économie américaine a créé 2,5 millions de nouveaux emplois durant ce mois et que le taux de chômage est dans l’ensemble réduit à 13,3 %. Ces chiffres sont exceptionnels, car les analystes s’attendaient à ce que 8 millions d’emplois soient perdus en mai et prévoyaient une hausse du chômage à 19 %.

En Europe

Après la sortie des chiffres sur l’emploi aux États-Unis, les principaux indices européens ont accéléré leur gain. Après une courte pause la veille due à la prise de bénéfice après plusieurs séances haussières, les marchés européens finissent la semaine sur des records trimestriels.

Le CAC 40 était en hausse de 3,71 % à 5197 points. Le marché a clôturé sur ses plus hauts de la session. On a aussi atteint le plus haut niveau depuis le 6 mars.

Le DAX a gagné 3,36 % à 12 847 points.

À Londres, le FTSE a grimpé de 1,93 % à 6478 points.

L’EuroStoxx 50 est aussi en hausse de 3,8 % à 3385 points.

Aux États-Unis

Aux US, les marchés actions ont aussi grimpé et le rendement des T-Bonds a augmenté.

Vendredi, le S&P 500 a gagné 2,85 % à 3200 points. Le Nasdaq, l’indice dominé par les valeurs technologiques était en hausse de 1,75 % à 9815 points.

Les actions américaines ont progressé malgré les protestations de masse dans les grandes villes du pays après la mort d’un Afro-Américain lors de son arrestation par la police. De plus, le pays s’est disputé ces dernières semaines sur les causes de la crise du COVID-19 et la politique de Pékin à Hong Kong. Le fait que les marchés progressent dans ces vents contraires témoigne du fort optimisme des investisseurs.

Par rapport à la chute des marchés en mars, les indices américains ont plus regagné leur perte que les indices européens. Le S&P 500 est ainsi à seulement 6 % de ses plus hauts historiques.

Le VIX, qui est l’indicateur de volatilité et de nervosité des investisseurs est revenu aux niveaux de fin février avant la chute des bourses.

En Asie

En Asie-Pacifique, les marchés ferment plus tôt, mais ils sont quand même pris de la couleur. L’indice coréen KOSPI a pris 1,43 % à 30,69 points après que Séoul a annoncé un nouveau programme de stimulus de 29 milliards de dollars pour relancer l’économie.

En chine, l’indice CSI 300 des 300 premières actions cotées à Shanghai et à Shenzhen est resté stable après que l’indice des directeurs d’achat (PMI) du Groupe Caixin a montré que le secteur des services a progressé pour la première fois depuis 4 mois. La demande a en effet marqué sa plus forte hausse depuis 10 ans. Cela indiquant une reprise solide dans certains secteurs de l’économie chinoise.

Le pétrole pas encore tiré d’affaire

L’incertitude plane encore sur le marché du pétrole. La tendance haussière du prix du Brent s’est estompée en début juin avant de faire une nouvelle percée vendredi. La réunion de l’OPEP+, initialement prévue le 4 juin, a été reportée aux 9 et 10 juin.

Les membres doivent encore examiner la question de la réduction de la production. L’augmentation des réserves de pétrole pèse aussi sur les prix. Bien que les stocks de pétrole brut aux États-Unis aient baissé durant la dernière semaine de mai, les stocks d’essence et de produits distillés ont augmenté. Ce qui n’est pas de bon augure pour l’or noir.

Conclusion

Après une hausse de près de 40 % depuis les plus bas de mars, les marchés sont devenus ainsi moins attractifs. Cependant, de nouveaux plus hauts sont attendus lorsque les secteurs les plus impactés comme le tourisme et le transport aérien tourneront en plein régime.